Autour de toi, il y a du monde. Des proches, des amis, parfois une famille très présente. Et pourtant, depuis sa mort, tu te sens terriblement seule.
Après un décès, on peut se sentir seule même entourée : les autres reprennent leur vie, ne savent pas quoi dire ou ont peur de raviver la douleur, et l'on finit par faire semblant. Cette solitude peut aussi rencontrer une ancienne habitude, celle de tout porter seule. Trouver un espace où déposer ce que l'on vit, par exemple avec d'autres personnes endeuillées, peut alléger ce poids.
Tu peux passer une soirée entourée, rire à une plaisanterie, participer aux conversations.
Et rentrer chez toi avec cette impression que personne ne comprend vraiment ce que tu vis.
Parce que les autres continuent leur vie.
Ils parlent de leurs projets, de leurs vacances, de leur quotidien.
Et toi, il y a toujours cette absence qui t'accompagne.
Alors parfois, tu fais semblant.
Tu réponds « ça va » parce que tu n'as pas envie d'expliquer. Parce que tu ne veux pas inquiéter. Ou parce que tu as l'impression d'en avoir déjà trop parlé.
Mais être entourée ne signifie pas toujours se sentir comprise.
Pourquoi le deuil peut-il nous isoler des autres ?
Après la mort d'une personne que tu aimes, le monde ne s'arrête pas.
Les collègues reprennent leurs habitudes. Les amis parlent d'autre chose. Les messages et les appels peuvent devenir moins fréquents.
Et parfois, tu as le sentiment qu'on attend de toi que tu reprennes ta vie là où tu l'avais laissée.
Sauf que ce n'est plus tout à fait la même vie.
La mort a changé tes repères, tes habitudes, parfois même ta manière de regarder le monde.
Ce décalage peut créer une solitude particulière : celle de ne plus se sentir au même endroit que les autres.
Même lorsqu'ils sont physiquement présents.
Pourquoi mes proches ne comprennent-ils pas ce que je traverse ?
Pas nécessairement parce qu'ils ne t'aiment pas.
Certains ont peur de raviver ta douleur en parlant de la personne morte.
D'autres ne savent pas quoi dire.
Et parfois, ils essaient de te rassurer avec des phrases comme :
« Il faut que tu sortes un peu. »
« Tu dois penser à toi maintenant. »
« Il n'aurait pas voulu te voir comme ça. »
Ces mots partent parfois d'une bonne intention.
Mais ils peuvent te donner l'impression que ta souffrance dérange, qu'elle prend trop de place ou qu'elle devrait déjà être terminée.
Alors tu commences à retenir tes larmes.
À choisir ce que tu racontes.
À cacher certaines pensées.
Et petit à petit, tu peux te retrouver seule avec une grande partie de ce que tu traverses.
Parfois, ce qui fait le plus mal, ce n'est pas de manquer de monde autour de soi. C'est de ne pas savoir où déposer ce qu'on porte à l'intérieur.
Quand on a toujours appris à être forte
Il y a aussi quelque chose que je rencontre souvent dans mes accompagnements.
Des femmes qui ont appris très tôt à ne pas déranger.
À prendre soin des autres.
À tenir bon, même lorsqu'elles sont épuisées.
Certaines ont grandi avec cette conviction : « Je dois être forte. Je ne dois pas montrer quand ça ne va pas. »
Et lorsqu'une mort bouleverse leur vie, ce fonctionnement peut devenir encore plus présent.
Elles continuent à rassurer tout le monde, alors qu'elles auraient elles-mêmes tellement besoin d'être entendues.
C'est parfois en explorant ces croyances et leur histoire que nous comprenons pourquoi demander du soutien peut être si difficile.
La solitude du deuil peut aussi rencontrer une ancienne habitude : celle de tout porter seule.
Ce n'est pas systématique. Mais quand cette résonance existe, la reconnaître peut ouvrir une autre manière d'être en relation avec les autres.
Pourquoi parler avec d'autres personnes endeuillées peut-il faire du bien ?
Il se passe parfois quelque chose de particulier lorsqu'on entend une autre personne raconter une expérience qui ressemble à la nôtre.
Elle parle de sa culpabilité.
De cette date qui lui serre encore la gorge.
De cette fatigue de devoir faire semblant.
Et soudain, tu te reconnais dans ses mots.
Tu découvres que certaines pensées que tu croyais être seule à avoir sont aussi vécues par d'autres.
Tu n'as pas besoin de tout expliquer.
Tu peux parler. Pleurer. Écouter. Ou simplement rester silencieuse.
Cela ne remplace pas tes proches, et cela ne fait pas disparaître l'absence.
Mais cela peut t'offrir un espace où tu n'as plus besoin de porter seule tout ce que tu ressens.
Et parfois, c'est déjà précieux.
Et toi, quand as-tu pu dire pour la dernière fois comment tu allais vraiment ?
Pas comment vont les enfants.
Pas comment se passe le travail.
Pas si tu arrives à gérer le quotidien.
Comment tu vas, toi, depuis sa mort.
Tu as le droit d'avoir encore des choses à dire.
Même si plusieurs années ont passé.
Même si tu en as déjà parlé cent fois.
Même si tu ne sais pas exactement ce que tu ressens.
Et tu n'as pas à t'excuser pour cela.
Le mardi soir, tu n'as plus besoin de faire semblant.
Chaque mardi, j'anime un cercle de parole en petit groupe, en visio, pour les personnes qui vivent un deuil.
Quatre participantes au maximum. Un temps pour parler de celui ou celle qui manque, être écoutée et retrouver d'autres personnes qui comprennent ce que signifie vivre avec une absence.
Tu peux venir une seule fois, simplement écouter, et avancer à ton rythme.
Accompagnement du deuil humain et animalier, près de Nancy et en visio.
Mon histoire