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Comprendre son deuil

Est-ce normal d'avoir encore mal des années après un décès ?

Portrait de Sandrine Garcia
Par Sandrine Garcia, thanatothérapeutePublié le · 5 min de lecture
Des coquelicots rouges dans les herbes hautes

Cela fait cinq ans. Dix ans. Parfois vingt ans qu'il ou elle est mort(e). Et pourtant, certains jours, la douleur semble aussi vive qu'au début.

Tu pensais qu'avec le temps, ce serait différent.

Que tu pourrais évoquer son souvenir sans avoir les larmes aux yeux. Que certaines dates ne te bouleverseraient plus autant.

Et puis, il suffit d'une chanson, d'une odeur, d'une photographie.

Ou de presque rien.

Pour que le manque revienne.

Alors tu te poses cette question :

« Est-ce normal d'avoir encore aussi mal après toutes ces années ? »

La réponse courte

Oui. La douleur d'une perte peut encore se manifester longtemps après la mort d'un être aimé. Mais il y a une différence importante entre ressentir encore du chagrin et vivre avec une souffrance qui continue d'envahir ton quotidien.

Pourquoi la douleur du deuil revient-elle des années après ?

Parce que la mort n'efface pas la relation qui a existé.

Cette personne a fait partie de ta vie, de ton histoire, de tes habitudes, peut-être même de la manière dont tu t'es construite.

Alors certains souvenirs continuent de te toucher.

Une date anniversaire, un lieu, une fête de famille peuvent faire resurgir son absence.

Et parfois, ce n'est même pas un souvenir douloureux.

C'est un moment heureux.

Une naissance. Une réussite. Une belle nouvelle.

Et cette pensée :

« Comme j'aurais aimé qu'il soit là pour voir ça. »

Tu peux avoir avancé dans ta vie et ressentir encore profondément son absence.

L'un n'annule pas l'autre.

Est-ce que cela signifie que je n'ai pas fait mon deuil ?

Non, pas nécessairement.

Nous entendons souvent qu'il faudrait « faire son deuil », comme s'il existait un moment où la douleur devait définitivement disparaître.

Mais le deuil ne suit pas un calendrier identique pour tout le monde.

Une personne peut retrouver de la joie, construire de nouveaux projets, aimer à nouveau la vie et pleurer encore la mort de sa mère vingt ans plus tard.

Ce n'est pas une contradiction.

L'amour, les souvenirs et le manque peuvent continuer à coexister avec une vie riche et heureuse.

En revanche, si cette souffrance reste très intense, permanente, ou t'empêche durablement de vivre comme tu le souhaiterais, elle mérite d'être entendue et accompagnée.

Non parce que tu aurais échoué dans ton deuil.

Mais parce que tu n'as pas à rester seule avec une souffrance qui prend encore autant de place.

Et si cette mort faisait encore résonner quelque chose dans ton histoire ?

C'est une dimension que j'explore souvent dans mes accompagnements.

Parfois, des années après une mort, ce qui fait encore souffrir ne se limite pas au manque.

Il peut y avoir des regrets jamais apaisés.

Une culpabilité que l'on porte depuis longtemps.

Des paroles qu'on aurait voulu prononcer.

Une peur de l'abandon.

Ou cette ancienne croyance qu'il faut toujours être forte, quoi qu'il arrive.

Ces émotions et ces conditionnements peuvent avoir une histoire bien antérieure au décès.

Et parfois, la mort est venue les réveiller.

C'est ce que j'appelle les résonances du deuil.

Il ne s'agit pas de chercher systématiquement une blessure cachée derrière chaque chagrin.

Mais de s'intéresser à ce que cette mort continue de bouleverser aujourd'hui, et aux liens possibles avec ton histoire.

Ce n'est pas parce qu'une douleur est ancienne qu'elle appartient uniquement au passé.

Peut-on apaiser un deuil même vingt ans après ?

Oui, il est possible de trouver un apaisement, même longtemps après une perte.

Il n'est pas trop tard pour parler de cette personne, revenir sur un souvenir douloureux ou comprendre une culpabilité que tu n'avais jamais vraiment questionnée.

Parfois, ce sont des mots qui n'avaient jamais pu être prononcés.

Parfois, une émotion longtemps retenue.

Parfois, simplement une prise de conscience qui permet de regarder son histoire autrement.

Dans mon accompagnement, nous partons de ce que tu vis aujourd'hui.

Nous explorons ce qui se joue dans ton corps, ton cœur, tes pensées et ton histoire.

Sans chercher à forcer une émotion ni à effacer l'absence.

Parce que l'objectif n'est pas d'oublier celui ou celle qui est mort.

C'est de permettre à la vie de retrouver davantage de place, sans que l'amour ait besoin d'en perdre.

Et si la question n'était pas depuis combien de temps tu souffres ?

Peut-être que la question la plus importante n'est pas :

« Pourquoi j'ai encore mal après toutes ces années ? »

Mais plutôt :

« Quelle place cette douleur occupe-t-elle encore dans ma vie aujourd'hui ? »

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Est-ce un chagrin qui revient de temps en temps, au milieu d'une vie que tu as retrouvée ?

Ou est-ce une souffrance qui continue de t'empêcher de vivre certaines choses, de faire des choix, d'envisager l'avenir ?

Cette distinction mérite d'être explorée.

Bon à savoir

Si ton deuil continue de provoquer une détresse importante ou de limiter profondément ton quotidien, un professionnel de santé mentale peut également t'aider à évaluer le soutien le plus adapté.

Tu n'as pas à mesurer ton chagrin au nombre d'années écoulées.

Et tu n'as pas non plus à accepter qu'il t'empêche indéfiniment de vivre.

Et si nous prenions le temps de comprendre ce qui reste douloureux ?

Que cette mort soit récente ou qu'elle date de plusieurs décennies, je t'accompagne à explorer ce qu'elle a bouleversé dans ta vie et parfois réveillé dans ton histoire.

Pour mettre des mots sur ce qui se joue encore et ouvrir de nouvelles possibilités de vivre.

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Sandrine Garcia, thanatothérapeute
Sandrine Garcia, thanatothérapeute

Accompagnement du deuil humain et animalier, près de Nancy et en visio.

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