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Le corps et le deuil

Fatigue, insomnies : comment le deuil agit-il sur le corps ?

Portrait de Sandrine Garcia
Par Sandrine Garcia, thanatothérapeutePublié le · 5 min de lecture
Sandrine Garcia de dos, sac à dos et bâtons de marche, sur un sentier en forêt

Tu dors, mais tu te réveilles épuisée. Tu as parfois cette boule dans la gorge, ce poids dans la poitrine, ces tensions qui ne te quittent pas.

Depuis sa mort, tu ne reconnais plus vraiment ton corps.

Tu étais peut-être quelqu'un de dynamique, toujours en mouvement. Aujourd'hui, certaines journées te demandent un effort considérable.

Tu oublies des choses. Tu as du mal à te concentrer. Tu peux te sentir vidée sans avoir fait grand-chose.

Et tu finis par te demander :

« Est-ce normal de me sentir aussi mal physiquement depuis sa mort ? »

La réponse courte

Oui, le deuil peut avoir des manifestations physiques. Parce qu'une perte importante ne touche pas seulement nos émotions. Elle peut aussi perturber notre sommeil, notre énergie et nos réactions au stress.

Quels sont les symptômes physiques possibles du deuil ?

Le deuil ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde.

Certaines personnes ressentent une grande fatigue. D'autres traversent des périodes d'agitation ou de tensions.

Parmi les manifestations possibles, on retrouve :

Une fatigue intense, parfois malgré le repos.

Des difficultés à s'endormir ou des réveils nocturnes.

Des tensions musculaires, des maux de tête.

Une sensation de gorge serrée ou de poids dans la poitrine.

Des changements d'appétit ou des troubles digestifs.

Des difficultés de concentration et de mémoire.

Ces réactions peuvent accompagner une période de deuil, mais elles ne suffisent pas à expliquer à elles seules ce qui se passe dans ton corps.

Pourquoi le deuil peut-il provoquer autant de fatigue ?

Parce que vivre avec une absence peut demander énormément d'énergie.

Il y a la tristesse, bien sûr.

Mais aussi les pensées qui tournent, les souvenirs qui reviennent, les inquiétudes, les nouvelles responsabilités, parfois des mois passés à accompagner une personne malade.

Et puis cette nécessité de continuer à fonctionner, même quand intérieurement tout est bouleversé.

Le stress peut maintenir le corps dans un état de tension. Le sommeil devient parfois moins réparateur, et les nuits difficiles finissent par peser sur les journées.

Tu peux avoir l'impression de ne rien faire d'extraordinaire et pourtant te sentir épuisée.

Parce que ce que tu traverses intérieurement peut aussi avoir un coût physique.

Et si ton corps exprimait quelque chose que tu n'arrives pas encore à nommer ?

Dans mes accompagnements, je rencontre souvent des personnes qui savent très bien raconter ce qui s'est passé.

Elles parlent de la maladie, de la mort, de tout ce qu'elles ont dû organiser.

Mais lorsqu'on leur demande ce qu'elles ressentent dans leur corps, elles hésitent.

Elles n'ont parfois jamais pris le temps d'y prêter attention.

Alors nous explorons.

Cette gorge qui se serre lorsqu'elles évoquent un souvenir.

Cette tension qui apparaît lorsqu'elles parlent d'une culpabilité.

Cette fatigue qui prend davantage de place à certaines dates.

Nous cherchons ensemble ce que ces sensations évoquent pour elles, sans leur attribuer automatiquement une signification.

Car le corps n'est pas un message secret qu'il faudrait savoir décoder.

Il fait partie de ce que tu vis. Et lui accorder de l'attention peut parfois aider à reconnaître des émotions, des besoins ou des limites que tu n'avais pas encore identifiés.

C'est une dimension de mon approche : l'exploration du deuil et de ses résonances.

Comment prendre soin de son corps pendant un deuil ?

Peut-être en commençant par ne plus lui demander de fonctionner exactement comme avant.

Reconnaître ta fatigue.

T'autoriser des moments de repos.

Retrouver, quand c'est possible, quelques repères de sommeil, d'alimentation ou de mouvement.

Mais aussi te demander :

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Qu'est-ce qui m'épuise autant en ce moment ?

De quoi ai-je besoin ?

Qu'est-ce que je continue à porter toute seule ?

Il ne s'agit pas d'ajouter une nouvelle liste de choses à réussir.

Simplement de retrouver un peu d'attention pour toi.

Un point reste essentiel

Une fatigue persistante, des insomnies importantes ou des douleurs inhabituelles méritent un avis médical. Tout symptôme physique ne doit pas être attribué au deuil. Une douleur thoracique intense ou inhabituelle, notamment accompagnée d'un essoufflement ou d'un malaise, nécessite une évaluation urgente.

Ton corps fait aussi partie de ton histoire.

Quand une personne me parle de son deuil, je ne m'intéresse pas seulement à ce qu'elle pense ou à ce qu'elle ressent émotionnellement.

Je regarde avec elle comment cette mort a bouleversé son quotidien, ses repères, son corps et parfois réveillé quelque chose de plus ancien.

Parce que comprendre ce que tu traverses peut aussi passer par ce que tu ressens physiquement.

Tu n'es pas seulement une personne qui souffre d'une absence. Tu es une personne tout entière, dont chaque dimension mérite de l'attention.

Et si nous prenions le temps d'explorer ce que tu traverses ?

En séance, nous partons de ton vécu, de tes émotions, de tes pensées et de tes ressentis corporels pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui.

Sans jugement. Sans rien forcer.

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Sources

Les manifestations physiques évoquées dans cet article sont documentées notamment par le NHS et la Cleveland Clinic. Ameli souligne également les effets possibles du stress et des insomnies sur la fatigue et le fonctionnement quotidien.

Sandrine Garcia, thanatothérapeute
Sandrine Garcia, thanatothérapeute

Accompagnement du deuil humain et animalier, près de Nancy et en visio.

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